carnet de liaison

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jeudi 12 avril 2007

maurice Blanchot






Mais, le lieu une fois atteint, qu'arrivait-il ? Qu'était ce lieu ?
Celui où il n'y avait plus qu'à disparaître, parce que la musique, dans cette région de source et d'origine, avait elle-même disparu plus complète­ment qu'en aucun autre endroit du monde : mer où, les oreilles fermées, sombraient les vivants et où les Sirènes,
preuve de leur bonne volonté, durent, elles aussi, un jour disparaître.


maurice Blanchot in Le livre à venir - folio p. 9






lundi 6 mars 2006

des journées entières dans les arbres _ m.Duras







Il ignorait toujours si elle l'avait remarqué, Rien dans son attitude ne pouvait le donner à penser. Cette incertitude ne le préoccupait pas vraiment. Il était sûr qu'elle voudrait de lui. Qu'elle voudrait de quiconque voudrait d'elle impérieusement. Et surtout, à partir de l'horreur qu'elle avait du chantier. Là-dessus il était tranquille. Il la croyait incapable de rien faire pour attirer l'attention sur elle, mais il ne la croyait pas non plus capable de choisir. Soudaines, passives et insurmontables devaient être ses préférences, comme ses terreurs.
Lorsqu'il regagnait sa chambre, le soir, il avait maintenant derrière lui une journée fé­conde. Chaque soir, il ramenait quelque chose d'elle. Il restait éveillé très tard.
Chaque nuit il l'inventait à nouveau, par­fois à partir des hurlements de chiens téné­breux, parfois de la montée rougissante de l'aube ,ou simplement de sa main vide qui traî­nait à ses côtés dans le lit.



marguerite Duras in des journées entières dans les arbres p. 219 ed. Gallimard







lundi 6 février 2006

OUVREZ - Nathalie Sarraute






‑ Et voici le moment où, pour de bon, la paroi s'abaisse et ceux qui étaient derrière...
 qui n'avaient jamais bougé de là, qui avaient tout observé, arrivent...
‑ Vous avez bien regardé? Que s'est‑il donc passé...
‑ Oh, rien de grave, juste un moment d'absence... un léger assoupissement.
‑ Ça s'est vu ?
‑ Non... sûrement pas...
‑ Même pendant cette somnolence, des mots sont venus comme il le fallait...
‑ Lesquels ?
‑ Eh bien :  « Moi aussi  », par exemple...
‑  « Moi aussi  » ? ! Mais pourquoi ?
‑ C'est « retard » qui les a attirés : « Toujours en retard  »... 
et aussitôt « Moi aussi » est sorti...
‑ Comme un soupir pendant le sommeil ? Comme un sifflement? 
Comme un grognement ?
‑ Pas du tout...
‑ Et des «Hmm » venaient à point...
‑ Des « Hmm » ? comme un ronflement?
‑ Non des « Hmm, Hmm »... comme un acquiescement.
‑ Et puis, quand ce bruit monotone d'écoulement a cessé pour un instant... 
il y a eu comme un léger temps d'arrêt.
‑ Et alors ça vous a complètement réveillés ...Et immédiatement tous ceux qui sont 
de service, un peu assoupis aussi, sont revenus à leur poste...
‑ Vous les avez vus ?
‑ Nous avons même admiré à quel point ils sont consciencieux, dévoués...
‑ Aucun ne manquait...
‑ Tandis qu'allaient finir de s'écouler les dernières gouttelettes 
isolées de cette immmense coulée, ils les accompagnaient...
‑ « Ah déjà »... étaient là... Et « Vous partez? »­
‑ Et puis, naturellement, quand est arrivé pour eux le moment... «Au revoir» « À bientôt »... 
se sont avancés.
‑ Enfin, ne vous inquiétez pas... Nous avons bien tout observé... Nous vous avons
même admirés... Ne craignez rien. Tout s'est passé le mieux du monde.


Nathalie Sarraute in Ouvrez ed.folio Gallimard p 68





vendredi 27 janvier 2006

robert Musil /images/




Je me suis mis au lit plus tôt : je me sens un peu refroidi, peut-être même ai-je de la fièvre. Je vois le plafond, ou serait-ce plutôt le rideau rougeâtre au-dessus de la porte du balcon de ma chambre d'hôtel ? Il m'est difficile de le dire.
À peine eus-je fini que tu as commencé, à ton tour, à te dévêtir. J'attends. Je t'entends seulement.
[...]
Je t'entends qui enfiles ta chemise de nuit. Mais c'est loin d'être tout. Il y a place encore pour cent petites actions. Je sais que tu te hâtes à cause de moi; évidemment tout cela est nécessaire, lié à ce que tu as de plus intime; et comme le mouvement muet des bêtes de l'aube au soir, tu grandis, tu envahis, à petits coups innombrables et dont tu n'as pas conscience un espace où tu n'as jamais perçu le moindre souffle mien!

C'est par hasard que je le sens, parce que j'ai fièvre et que je t'attends.

R. Musil - Images ' l'oreille fine' in Oeuvres pré-posthumes Ed du Seuil








samedi 17 décembre 2005

Le mariage - Gombrowicz






" Mais alors dans ce cas, c'est une farce ! Un ivrogne, pour faire semblant d'être sobre, s'adapte à l'ivresse d'un autre ivrogne qui, pour feindre d'être sobre s'adapte à l'ivresse d'un autre ivrogne, qui ... Tout cela n'est que mensonge ! Chacun dit Ce qu'il convient de dire, et non pas ce qu'il veut dire. Les paroles Se coalisent traîtreusement derrière notre dos et ce n'est pas nous qui disons les paroles, ce sont les paroles qui nous disent Et elles trahissent notre pensée, qui trahit elle aussi. Oh , trahison ! Trahison de toujours ! " Witold Gombrowicz Théâtre Le mariage ed. Gallimard





vendredi 16 décembre 2005

ré-agir pour agir



{

n'allons pas dire APRÈS
que rien n'était prévisible...







>> lire aussi


>>> wikiArtlibre
>>> Le terrier
>>> Framasoft
>>> Marelle :
atelier d'écriture sur la Licence art libre et le livre "Moteurs ou Les Augures" de L.L. de Mars et Stéphane Batsal
avec possibilité d'écoute en ligne :
Ou de le télécharger à cette adresse : http://horacio.oliveira.free.fr/podcastpierremenard161205.mp3
}





lundi 5 décembre 2005

où l'imite se répète





[...] l’événement, qui est tout sauf l’acte d’un sujet qui en serait l’Auteur, précède l’oeuvre qui n’en est elle-même que la répétition, dans une relation qui n’est pas celle de l’identité massive mais celle de l’insensible différence. Ainsi l’oeuvre, avec les effets de sens qui lui sont attachés, n’est-elle pas à proprement parler le résultat d’une production mais d’une reproduction, celle-ci prenant appui sur l’événement aléatoire du discours qui la supporte. Si on prend cette hypothèse au sérieux, il faut aller jusqu’à dire que les oeuvres ne sont pas du tout “produites” comme telles, mais commencent seulement à exister à partir du moment où elles sont “reproduites”, cette reproduction ayant pour effet de les diviser en elles-mêmes, en creusant la ligne mince de leur discours de manière à y faire apparaître tout un espace d’écart et de jeu, où s’insinue une possibilité indéfinie de variations. Au lieu d’être une seule fois produite, en son lieu et en son temps, l’oeuvre n’a donc de réalités, au pluriel, que dans ce miroitement qui la constitue en même temps qu’il la disperse.
[...] En effet, la littérature ne consiste pas en une collection d’oeuvres achevées, produites tour à tour, puis enregistrées définitivement dans un répertoire, pour être ensuite offertes à la consommation de lecteurs auxquels serait réservé le soin d’en assurer la réception. Mais elle est constituée de textes qui, dans les limites qui les spécifient, portent, comme des dispositifs à géométrie variable, frappée en eux la marque conduisant à leur réinscription dans de nouveaux contextes, où ils figureront eux-mêmes comme de nouveaux textes.


POUR UNE THEORIE DE LA REPRODUCTION LITTERAIRE P. Macherey



mercredi 30 novembre 2005

oh les beaux jours






(Un temps.) Et maintenant ? (Un temps long. Bas.) Étrange sensation. (Un temps. De même.) Étrange sensation, que quelqu'un me regarde. Je suis nette, puis floue, puis plus, puis de nouveau floue, puis de nouveau nette, ainsi de suite, allant et venant, passant et repassant, dans l'oeil de quelqu'un. (Un temps. De même.) Étrange ? ( Un temps. De même.) Non, ici tout est étrange. (Un temps. Voix normale.) Je m'entends dire, Tais-toi maintenant, Winnie, un peu, veux-tu, ne gaspille pas tous les mots de la journée, tais-toi et fais quelque chose, veux-tu, pour changer. (Elle lève les mains et les tient ouvertes devant ses yeux. A ses mains.) Faites quelque chose !


oh les beaux jours S.Beckett Ed de minuit p.48





samedi 26 novembre 2005

il y a / matin brun - Franck Pavloff






il y a des matins
on se réveille comme ça
avec un matin de retard

http://eucd.info
http://www.freescape.
http://forum.framasoft.org
http://caution.eu.org

"Là, ils exagèrent. C'est de la folie. Et moi qui me croyais tranquille pour un bout de temps avec mon chat brun. Bien sûr, s'ils cherchent avant, ils n'ont pas fini d'en arrêter des proprios de chats et de chiens. Je n'ai pas dormi de la nuit. J'aurais dû me méfier des Bruns dès qu'ils nous ont imposé leur première loi sur les animaux. Après tout, il était à moi mon chat, comme son chien pour Charlie, on aurait dû dire non.
Résister davantage, mais comment ? Ça va si vite, il y a le boulot, les soucis de tous les jours. Les autres aussi baissent les bras pour être un peu tranquilles, non ?
On frappe à la porte. Si tôt le matin, ça n'arrive jamais. J'ai peur. Le jour n'est pas levé, il fait encore ' brun dehors. Mais arrêtez de taper si fort, j'arrive."

matin brun Franck Pavloff ed Cheyne p 10













mercredi 23 novembre 2005

la souche de la SOUCHE





SOUCHE, subst. fém. A. 1. Usuel a) Base du tronc ) en terre après [de l'arrache-souche] grosse souche et abaissée, la souche attachée en avant et faisant voler les mottes b) ) P. compar. Var. Il ne bougea pas plus Dormir comme une , le plus souvent se retira, bête comme , et riant
Vous avez moins de trente ans et (...) j'en ai plus de quarante (...). 2. Spécialement
c) charnue, rameuse, simple.court-nouée, sans qu'aucune modification qualitative ou quantitative sensible ait pu être qui reste attachée à un ____ à un ____ ou à un carnet
un à un __________et les souches portaient les noms
cage ___________de l'escalier formant étendoir sec
commun à plusieurs , tous les cas où le partage ... Aux lits profonds où l'on fait souche
Elle y a vécu
. + adj. qualificatif. honnête histoire où le poison Joue un rôle , la crainte d'une leçon Elles ont entre elles un air de famille, à propos du tout lié à un autre dans l' unique. Il existe enfin Ensemble direct ou asexué. Le liquide provenant de l'apparition ...
la première isolée est immédiatement mise en vue Bande originale le lecteur ne sait pas quels sont les mots adoptés d). Peut-être pourrait-on les concilier en admettant une forme verbale fr.] V. arrache-souche(s) (s.v. arrache-). 1. Souche-mère, 2. DÉR.rière : Souchette, subst. fém., comestible à pied coriace qui pousse
Qu'en est-il du sens de sommaire et de souche?.





Si vous lisez... si vous lisez, vous savez que vous y êtes.







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