carnet de liaison

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QquelQes=ChoSEs

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lundi 27 juin 2005

______________________linge







reçu à domicile les linges et les cris doux de l'enfant ____________ j'ai du temps Tout mon temps tout mon temps est mis là sur la table _______________ce qu'il en reste comme reste je ne sais pas je ne sais pas comment je reste là, si j'en reste là, ni seulement si c'est moi qui suis là sur la table
quelle partie de moi ou d'elle ou de l'enfant ou du linge ce qui se trame avec ces mots de linge de plis et de déplis des ourlets ouvragés à petits points têtus, l'aiguille les poings, ceux que j'étends vers vous, je m'en ressers pour moi plonge les mains dedans avec toute ma force dans le bassin toutes mes mains et l'eau froide.Ce qui se couche, ce qui se lève et sort et part ... on ne voit rien mais du linge étendu, oui épinglé clairement à la pince, pas moyen d'échapper au fil qui le maintient écartelé plein jour étalé aux regards, abruti du soleil, du linge comme un corps, le nombril au milieu du visage prolonge l'appartenance, identifie le nom, à suivre à la trace ce qui, défait de lui dans le fond du bassin, s'échappe à suivre la trace de la séparation le bassin est le seul récipient pour garder la trace des crimes elle en a les mains pleines de bassins et de petits crimes d'envers luisants et d'endroits rêches qu'elle frotte en silence tous les matins avec du savon et de l'eau, frotte les rebords du bassin pour effacer les crimes de la veille, les écrème, les diminue, jusqu'à les oublier complètement de leurs cris, l'eau étouffe reste alors à étendre, reste à rendre public dans les rues aux balcons aux fenêtres aux jardins le linge doit être adouci pour que ton enfant dorme dit la mère à sa fille, sa fille mère de l'enfant







samedi 25 juin 2005

une chose : un verre




a ce besoin du temps devant derrière dedans pour qu'arrivent s'installent se posent, les choses menant aux ou les mots menant aux choses, le flou toujours, du flou rien ne se tient toujours rien mais de là ça part. une ligne à peine marquée, n'est pas une ligne mais un pointillé, un point et un vide, le vide suit le point et le point remarque que la ligne peut naître ... peut-être peut être ou devenir On sait pas Mais que le tas est là, oui, on le sent et que du tas devrait sortir la ligne et nous la suivre Pouvoir suivre la ligne ... bien que le débord arrive fatalement comme le rouge appliqué sur la bouche si vite se mêle aux contours déborde l'ourlet sensé le contenir dans un rouge plus pâle moins appuyé mais déforme cependant la bouche s'en trouve agrandie largement, ou plus biaise et la langue dedans en pâtit du biais pris tangent On dirait ... sa bouche à elle était fine et sans chair, une ligne déjà mais d'une belle courbe qui bougeait au rythme des mots et je n'écoutais plus, avalée par sa bouche et le rouge qui épousait tout le remous des sons perdant le sens des mots, une danse élastique une vague de bouche d'un rouge dense si sombre que je retrouvai sur le rebord du verre lorsqu'elle le posa.





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