carnet de liaison

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jeudi 30 mars 2006

ceinture, ce qui rampe (sous)







dites moi cher, vous
qui savez voler
qui donc devine tout
ce que vous multipliez
motifs
dérivés des paravents chinés
de la femme couchée
en deux dans
les temps morts

et jusqu'où dites moi, les répétitions plein la bouche
cailloux comme à ventre cousu
se recyclent

de la répétition des vagues vient la mer qui nous gagne
enceinte à jamais la taille méprise.









mardi 28 mars 2006

livret d'application avec duplication d'apparition

si tu t'en vas, pars là ah! si bien partir est aller va la bouche en boucle 'ouverte & en,tre vendre à terre souffler/aspirer leur ventre au port de la reine sis de A à Onglette uniquement elle comme se parlant en parlant tout haut, je vous aurai rêvé, lui étendu plus loin, dort. dit-elle s'il écrit, s'il a écrit le décrire songer à un passer baisser les baisers à baiser tous les très blancs, sont nettoyés c'est-à-dire très purifiés par blutage, moins riches en vitamines que les bises ordinaires qui renferment des parcelles de son et de germes









mardi 21 mars 2006

ça là de





j'ai viré la partie pratique et arrondie afin de n'en garder que l'essence à coeur de peau,
peut-être l'avais-tu remarqué je te croise

d'une sorte de remarquable carrément revisité creusé au couteau fin, c'est si pratique les ne me dis pas pour se débaptiser la tête, et une fois qu'on est intérieur au dedans, assez radicalement efficace, désarrondi, le carré est fait d'angles qui se font face ne me dis pas ( quand je te croise face ) personne n'échappe à personne, pas moyen d'aller plus loin en arrière, le 90° cerne et concerne le dos sans toutefois l'épouser, oblige le maintien et la contenance digne ne me le dis pas lorsque je te croise parfois, dans l'ignorance totale des murs.








vendredi 17 mars 2006

quant au pire !






















à saisir : (parti de l'os du milieu) : un bout d'os




sont venus chercher les décors avant scène premier plan (je n'écrirai jamais d'histoire vous savez) sont venus à petits pas tranquilles récupérer l'herbe haute qui faisait partir très passé déjà l'oeil au second plan (l'herbe et l'oeil, l'oeil après, l'herbe dedans finalement on se la laisse pousser, elle s'attache, elle s'accroche, commence toujours par dormir) une fois n'est pas coutume (commence) rumine, le poids des herbes hautes se








lundi 13 mars 2006

de la flottaison /des petits poiSons








à cause de ça







1.ça

serait partir de là pour venir là où là est là maintenant
faire ça : ce ça du là de maintenant qui est ça mais pas ça,
pas tout à fait ça
comme si et comment dans ça existe un autre ça et puisque
il y a ça et ça comme deux choses distinctes
contenues dans le corps du là maintenant :ça
ça est ça et ça est aussi ça
il y a ça puis ça pour ça un tour du tout de deux, une danse
il n'y a pas que ça puisqu'autre ça existe dans ça et de quelle figure
alors être ce ça uni uniquement dans soi puis
parce que les autres comme des autres
un autre ça /poison/ issu de ça,
tête bêche









dimanche 12 mars 2006

découper le motif dans le papier






ce qui se noue,finit
d'un bout sur l'autre
nous noue nous
serre la viande et l'eau plate couture au centre
là où déjà hors d'atteinte on ne les sent plus respirer
un coeur d'acier, mon bel ami : l'endroit de la pliure
vous monte dans la gorge
haut et bas y échappent
s'en échappent à petits fils
qui ne vont jamais plus loin
que la dimension ne permet la mesure



certaines personnes ont (à ce qu'on dit) le pied




particulièrement sensible.

et moque t-on taine tiennent
/en gardent/
bon pied bon oeil






jeudi 9 mars 2006

le calendrier de la poste faisant foi






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8 mars 05 :16
à partir du moment où ça casse
on peut revenir
et revenir c'est y revenir à venir encore, une autre fois
tu sais bien, je serais toujours revenue
tu sais bien
mettre la tête contre
contre le pilier
très fort
, jusqu'à ce qu'il s'effrite des chocs, s'effrite
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05:42
invitation
après longtemps et que vous m'énervâtes
j'aimerais bien que vous veniez me voir
ici, chez moi
en toute bonne intelligence
et calmement
s'il vous plaît
s'il vous plaît
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06:24
déplacement des placements
06:37
on s'était arrangé pour en faire autres choses

06:51
j'ai tout jeté, je vous le dis oui
quand je m'y suis trouvée /franchement assez cruche
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07:03
un jour pendant longtemps
beaucoup de jours et beaucoup de fuite, plusieurs fois de suite,
je n'ai eu que des nuits
celles où la langue nous échappe
s'en échappe des nuits entières aussi claires que des jours
sans l'ombre d'aucune poussière aucunement.
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07:12
où je m'écris je vais m'y mettre.
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07:18
même si je m'étais constamment échappée
et même
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07:26
elle même mourante
ramassée puis jetée
que fait-on des feuilles qui tombent ?
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07:32
(à cheval sur les deux) toujours préférer l'autre rôle
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07:47
à présent que je ne cherche plus,
je crois je vais je crois que je vais pouvoir savoir enfin trouver.
pourvoir au pour voir et enfin
(que quand je ne vous te cherche plus
je trouverai (autre-chose))

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9 mars 05:21
récit
il avait dû partir aux alentours du 21 février, vous voyez ?
pour tout un tas compact de raisons acceptables.
puis, il est mort



il ne savait pas lire
.











mardi 7 mars 2006

juste pour voir*





du déplacement comme placement








lundi 6 mars 2006

des journées entières dans les arbres _ m.Duras







Il ignorait toujours si elle l'avait remarqué, Rien dans son attitude ne pouvait le donner à penser. Cette incertitude ne le préoccupait pas vraiment. Il était sûr qu'elle voudrait de lui. Qu'elle voudrait de quiconque voudrait d'elle impérieusement. Et surtout, à partir de l'horreur qu'elle avait du chantier. Là-dessus il était tranquille. Il la croyait incapable de rien faire pour attirer l'attention sur elle, mais il ne la croyait pas non plus capable de choisir. Soudaines, passives et insurmontables devaient être ses préférences, comme ses terreurs.
Lorsqu'il regagnait sa chambre, le soir, il avait maintenant derrière lui une journée fé­conde. Chaque soir, il ramenait quelque chose d'elle. Il restait éveillé très tard.
Chaque nuit il l'inventait à nouveau, par­fois à partir des hurlements de chiens téné­breux, parfois de la montée rougissante de l'aube ,ou simplement de sa main vide qui traî­nait à ses côtés dans le lit.



marguerite Duras in des journées entières dans les arbres p. 219 ed. Gallimard







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