"Animaux, animoches, beaux-doux animaux, que dire de vous ? Les mots, bien
 forcés, ont peu de recours face à vos atours privés de paroles. 
 Bêtes, quand me faites peur d’être sans savoir même que vous êtes, ou quand, par dégoût
 d’être qui je suis comme imprécision parmi créatures ou œil  d’inquiétude à
 fleur du bouillon placide des textures, j’aspire à penser pas plus que
 vous-mêmes angéliquement en poils de slip isothermique, bêtes, quand je
 vous aime de rien dire de mal puisque dites rien et d’aller vers rien puisque  toujours là 
 à l’endroit prévu dès même le début d’avant les débuts,
 bêtes,  quand je jalouse vos inclinations de végétation en toute insolence
 dans  l’indifférence, bêtes, quand par prudence, ou dol, ou pétoche,
 j’ai de la  tendance à du réticent en intelligence, bêtes, quand je
 m’active à aimer  sommeil d’abrutissement en cul de
 bouteille, consommation d’hontes, festin  de caca au moins en 
 virtuel, croupi en pipi de pure idiotie, stage en  bouillasson jusqu’à la
 tignasse, appétit de soupe faites de crottes de biques,  boufftance de
 bouillie de refrains dingos et glapis tordus en parler gaga -  bêtes vous me
 montez sans cesse à la tête et j’aime le trou que cette  pensée
 douce d’ébriété fait dans la fatigue qui rend mon cerveau à force de
 fuites en complexités démantibulées par des anxiétés plus mou que cervelle.
 Bêtes, merci de tuer au moins quand je dors en moi tout parler en accent
 humain. Bêtes, merci d’abattre à ras des gadoues l’instinct
 de ciel vide qui  énerve ma tête. Bêtes, merci de foutre en l’air
 Illusion d’habiter la terre  poétiquement, c’est-à-dire pas là
 tout à fait en chair parmi la matière avec  du besoin en détours
 d’horaires de pincer ladite pour vérifier qu’elle me suit  partout. 
 Bêtes sans doigts ni mots pour numéroter vos viandes en pincées,  
 faites cesser en moi au moins en vision de dormition la pensée comme trou
 qui rend seul et fou à cause du bagout. 
 Dormez bien à fond en rumination  même quand ne dormez. 
 Dormez dans la peur tellement toujours que c’est  nulle peur. Dormez
 de jamais dormir en vrai en entier. Vous ne savez pas le  nom qu’on 
 vous donne, ni le nom du lieu que vous habitez, ni le nom des jours  lents que
 vous vivez, ni même que, forcé, transirez un jour pourri dans la  mort :
 profitez ! profitez !"

Christian Prigent
   (travail en cours)

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