ferme les yeux


le souci du détail, je l'ai là épuisé
l'instant d'instants insaisissables épuisé
les postures les impostures les chimères, aussi les mères
l'écho [épuisé]
 [épuisé] le cerne sous nos yeux
l'océan à sauter, l'avaleur de sable, les marées
le renoncement des renoncules-capucines épuisé
la livraison de brumes, la moiteur du gazon touffu,
touffue la touffe, le gazon, la couleur épuisé
la chambre des écoutes, la chambre des époux,
la chambre neutre,
l'épouse, ta chambre
"aux couleurs surannées, coquettes, défraîchies"
la chambre froide du nez, la chambre encore chaude du mort,
ma chambre des empressements, chambre à dormir debout,
chambre à manger dansante
à boire chambrée
ma chambre hors champs hors chambre, une chambre ajournée (merci giom)
épuisé
le lit la fenêtre fermée par du papier journal
et l'armoire, l'escalier et sa rampe à sécher les harengs
le complot épuisé
épuisé le tabac à rouler, le carnet, les feuilles volantes, le stylo vert,
les timbres la salive et la langue
épuiséépuiséépuisé
ah ! les belles bonnes vacances !

quand la couverture a glissé
un jour [puisé] après ces jours
portant sur nos épaules
nos corps définitifs définitivement
épousés
aller dormir dans cet épuisement
jusqu'à ce que nos rêves nous séparent