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Par chose le samedi 17 septembre 2005, 14:47 - QquelQes=ChoSEs - Lien permanent
IL Y A QUELQUE
CHOSE qu'il faut lire
là >>www.tiers
livre.com
et aussi là >>www.sitaudis.com
Nous y sommes
tous dedans
avec Brice Petit et
Jean-Michel Maulpoix
même au tiède chez soi, même sous les couvertures, même au fond d'un
placard,
nos pieds sont sur la même ligne
nous sommes dedans
avec eux
Nous y sommes

Commentaires
<cite>
MONTESQUIEU.
Je ne sais si vous avez exactement rapporté mes paroles ; mais voici une citation que je puis vous garantir : elle vengera éternellement les peuples que vous calomniez : « Les mœurs du prince contribuent autant à la « liberté que les lois. Il peut, comme elle, faire des " hommes des bêtes, et des bêtes des hommes ;
« s'il aime les âmes libres, il aura des sujets, s'il « aime les âmes basses, il aura des esclaves (2). "
Voilà ma réponse, et si j'avais aujourd'hui à ajouter quelque chose à cette citation, je dirais : « Quand l'honnêteté publique est bannie du " sein des cours, quand la corruption s'étale là « sans pudeur, elle ne pénètre pourtant jamais » que dans le cœur de ceux qui approchent un " mauvais prince ; l'amour de la vertu continue à " vivre dans le sein du peuple, et la puissance de " ce principe est si grande que le mauvais prince " n'a qu'à disparaître pour que, par la force même des choses, l'honnêteté revienne dans la pratique du gouvernement en même temps que la liberté. »
MACHIAVEL.
Cela est très-bien écrit, dans une forme très-simple. Il n'y a qu'un malheur à ce que vous venez de dire, c'est que, dans l'esprit comme dans l'âme de mes peuples, je personnifie la vertu, bien mieux, je personnifie la liberté, entendez-vous, comme je personnifie la révolution, le progrès, l'esprit moderne, tout ce qu'il y a de meilleur enfin dans le fond de la civilisation contemporaine. Je ne dis pas qu'on me respecte, je ne dis pas qu'on m'aime, je dis qu'on me vénère, je dis que le peuple m'adore; que, si je le voulais, je me ferais élever des autels, car, expliquez cela, j'ai les dons fatals qui agissent sur les masses. Dans votre pays on guillotinait Louis XVI qui ne voulait que le bien du peuple, qui le voulait avec toute la foi, toute l'ardeur d'une âme sincèrement honnête, et, quelques années auparavant, on avait élevé des autels à Louis XIV qui se souciait moins du peuple que de la dernière de ses maîtresses; qui, au moindre coup de tête, eût fait mitrailler la canaille en jouant aux dés avec Lauzun. Mais je suis, moi, bien plus que Louis XIV, avec le suffrage populaire qui me sert de base ; je suis Washington, je suis Henri IV, je suis saint Louis, Charles-le-Sage, je prends vos meilleurs rois, pour vous faire honneur. Je suis un roi d'Egypte et d'Asie en même temps, je suis Pharaon, je suis Cyrus, je suis Alexandre, je suis Sardanapale; l'âme du peuple s'épanouit quand je passe ; il court avec ivresse sur mes pas ; je suis un objet d'idolâtrie; le père me montre du doigt à son fils, la mère invoque mon nom dans ses prières, la jeune fille me regarde en soupirant et songe que si mon regard tombait sur elle, par hasard, elle pourrait peut-être reposer un instant sur ma couche. Quand le malheureux est opprimé, il dit : Si le roi le savait ; quand on veut se venger, qu'on espère un secours, on dit : Le roi le saura. On ne m'approche jamais, du reste, que l'on ne me trouve les mains pleines d'or. Ceux qui m'entourent, il est vrai, sont durs, violents, ils méritent parfois le bâton, mais il faut qu'il en soit ainsi; car leur caractère haïssable, méprisable, leur basse cupidité, leurs débordements, leurs gaspillages honteux, leur avarice crasse font contraste avec la douceur de mon caractère, mes allures simples, ma générosité inépuisable. On m'invoque, vous dis-je, comme un dieu ; dans la grêle, dans la disette, dans les incendies, j'accours, la population se jette à mes pieds, elle m'emporterait au ciel dans ses bras, si Dieu lui donnait des ailes.
MONTESQUIEU.
Ce qui ne vous empêcherait pas de la broyer avec de la mitraille au moindre signe de résistance.
MACHIAVEL.
C'est vrai, mais l'amour n'existe pas sans la crainte.
MONTESQUIEU.
Ce songe affreux est-il fini?
MACHIAVEL.
Un songe ! Ah ! Montesquieu ! vous allez pleurer longtemps : déchirez L'Esprit des lois, demandez à Dieu de vous donner l'oubli pour votre part dans le ciel ; car voici venir la vérité terrible dont vous avez déjà le pressentiment ; il n'y a pas de songe dans ce que je viens de vous dire.
MONTESQUIEU.
Qu'allez-vous m'apprendre !
MACHIAVEL.
Ce que je viens de vous décrire, cet ensemble de choses monstrueuses devant lesquelles l'esprit recule épouvanté, cette œuvre que l'enfer même pouvait seul accomplir, tout cela est fait, tout cela existe, tout cela prospère à la face du soleil, à l'heure qu'il est, sur un point de ce globe que nous avons quitté.
MONTESQUIEU.
Où?
</cite>